Se sentir bien
Marcher plus au quotidien : nombre de pas par jour
14 août 2026

Je n’ai jamais été une sportive. Pas de salle, pas de montre à pas, pas d’objectif affiché sur le frigo. Pourtant, ces derniers mois, je me suis mise à marcher davantage sans y consacrer une seule minute de plus. Rien de brutal, aucun programme. J’ai juste arrêté de chercher du temps pour marcher, et commencé à marcher dans le temps qui existait déjà. Ce carnet, c’est pour te raconter comment, à mon rythme, sans me mettre la pression.
Ce qui m’a fait changer d’habitude
Tout est parti d’un constat tout bête, un soir de semaine. Assise depuis le matin entre le bureau, la voiture et le canapé, j’avais le dos qui tirait et la tête qui tournait en rond. Cette fatigue qui ne vient pas d’en avoir trop fait, mais d’en avoir trop peu bougé. Je le savais, et je repoussais toujours l’idée faute de temps.
Ce soir-là, une phrase m’est restée : pas besoin de temps en plus, juste besoin d’utiliser celui que j’ai déjà. Au lieu d’appeler ma mère depuis le canapé, j’ai enfilé mes baskets et je suis sortie. Vingt minutes plus tard, l’appel était fini, et j’avais marché sans m’en rendre compte.
C’est devenu mon fil rouge : je ne cherche plus de créneau pour marcher, je convertis les minutes qui passent déjà.
Le mythe des dix mille pas
On m’a longtemps répété qu’il fallait dix mille pas par jour pour être en forme. Ce chiffre, je l’ai vu partout, sur les applis, au bureau. Alors je l’ai pris pour une vérité, et pour un poids : dix mille pas, quand tu passes ta journée assise, c’est inaccessible. Du coup, je ne faisais rien.
J’ai fini par creuser. Et j’ai découvert que ce chiffre n’a rien de médical. Il vient d’une campagne de publicité japonaise des années 1960, lancée pour vendre un podomètre. Dix mille, c’était juste un chiffre rond, facile à retenir.
Les études montrent pourtant que le bénéfice commence bien avant : on observe des effets positifs dès quelques milliers de pas, et l’essentiel du gain se joue dans les premiers volumes. Marcher un peu, régulièrement, vaut mieux que viser un sommet qu’on n’atteint jamais.
Alors j’ai rangé le mythe au placard. Mon objectif, ce n’est plus un chiffre, c’est une habitude.
Les quatre trajets qui se convertissent
Ma journée était déjà pleine de déplacements. Je n’avais pas besoin d’en ajouter, juste de les regarder autrement. J’en ai repéré quatre, les plus banals.
Le trajet du travail : je descends un arrêt de métro avant le mien, ou je me gare au fond du parking. Deux ou trois minutes de marche, matin et soir, qui s’additionnent sans que j’y pense.
Les courses : la boulangerie est à huit minutes à pied. Avant, j’y allais en voiture. Maintenant, j’y vais à pied, le panier au bras, et je rentre avec le pain encore tiède.
Les trajets des enfants : devant l’école ou le gymnase, au lieu d’attendre assise, je fais le tour du pâté de maisons. Dix minutes debout, et l’attente paraît plus courte.
Les étages : l’ascenseur, je l’ignore. Deux ou trois étages à pied, c’est discret, et ça fait travailler autre chose que la tête.
Voici mon pense-bête, celui que j’aurais aimé avoir dès le début.
| Trajet du quotidien | Ce que j’en fais maintenant | Ce que ça me rapporte |
|---|---|---|
| Domicile-travail | Descendre un arrêt plus tôt, me garer au fond | Quelques centaines de pas matin et soir |
| Les courses du coin | Y aller à pied, panier au bras | Une marche glissée dans une corvée |
| Attente des enfants | Faire le tour du pâté de maisons | Du mouvement pendant les temps morts |
| Les étages | Prendre l’escalier | Un renforcement discret au fil du jour |
Aucun de ces trajets ne m’a demandé une minute de plus. J’ai juste arrêté de les subir, et commencé à les utiliser.
Marcher en téléphonant
C’est mon astuce préférée. J’ai posé une règle toute simple : chaque appel se prend debout.
Un coup de fil à une amie, c’est vingt minutes autour du quartier. Une réunion qui aurait pu être un mail, dix minutes dans le couloir. Un appel à ma mère le dimanche, une heure au parc.
Le plus beau, c’est que la conversation occupe l’esprit. Je ne compte pas les pas, je discute, et mes jambes font le reste. Les appels en visio, c’est pareil : je me lève, je tourne, je m’étire pendant que les autres parlent.
La règle tient parce qu’elle est simple. Une seule décision, prise une fois, qui s’applique ensuite toute seule. Si ça sonne, je me lève.
Ce que j’en retiens au quotidien
Après quelques mois, ce que je retiens n’a rien d’un exploit. Je dors mieux, mon dos tire moins, et je n’ai plus cette fatigue épaisse du soir. Surtout, j’ai cessé de me sentir coupable de ne pas faire de sport, parce que je bouge, à ma manière, tous les jours.
Marcher, c’est aussi devenu un temps pour moi. Le soir où je laisse un filet mignon cuire au four pendant vingt-cinq minutes, je fais deux tours de cuisine, ou je sors sur le palier.
Et cette habitude m’a ouvert d’autres portes. Le week-end, je me suis surprise à préparer ma première randonnée de débutante. Les jours où les grands-parents gardent les enfants, je file marcher une heure, et je reviens plus légère.
Tout est parti d’un constat simple : le temps ne manque pas, il est occupé.
FAQ
Les dix mille pas par jour sont-ils obligatoires pour être en forme ?
Non. Ce chiffre vient d’une campagne de publicité japonaise des années 1960, pas d’une recommandation de santé. Les bienfaits de la marche apparaissent bien avant ce seuil, et l’essentiel du bénéfice se joue dans les premiers volumes. Considère-le comme un repère, pas comme une vérité à atteindre coûte que coûte.
Comment marcher davantage quand on a un emploi du temps déjà plein ?
En convertissant les minutes qui existent déjà plutôt qu’en cherchant à en créer. Descendre un arrêt plus tôt, se garer au fond du parking, prendre l’escalier, marcher pendant les appels : ces gestes ne demandent aucun créneau dédié. L’idée, c’est de glisser la marche dans les trajets et les attentes de la journée.
Marcher pendant un appel téléphonique est-il vraiment efficace ?
Oui, parce que la conversation occupe l’esprit et que la marche passe inaperçue. Un appel de vingt minutes vaut déjà quelques centaines de pas, sans effort ressenti. À raison de deux ou trois appels par jour, on ajoute une vraie marche dans la journée sans avoir rien planifié.
Faut-il consulter un médecin avant de se mettre à marcher davantage ?
Pour une marche à un rythme tranquille, chez une personne en bonne santé, non. La marche reste l’activité la plus accessible qui soit. En revanche, en cas de douleur persistante, de pathologie ou de longue inactivité, mieux vaut en parler à un professionnel de santé avant d’augmenter la cadence.
Ce soir, commence par le prochain appel : prends-le debout, et laisse tes jambes faire le reste. Tu auras marché davantage sans y avoir pensé, et c’est exactement comme ça que tout commence.


